Micro, EI, EURL, SASU… Tu as lu dix comparatifs, et chacun te dit que « le meilleur statut » est un autre. Tu as peur de te tromper, de payer trop de cotisations ou de te retrouver mal protégé·e. Bonne nouvelle : il n'existe pas de meilleur statut. Il existe celui qui colle à ton activité, à tes chiffres et à ta situation. Cet article t'aide à comprendre les options et à préparer ta décision. Il ne choisit pas à ta place.
Important. Cet article est une information générale, pas un conseil personnalisé. Le choix final de ton statut se fait avec un expert-comptable, qui prend en compte ta situation complète : ton foyer, ton patrimoine, tes droits au chômage, tes projets.
Ce que ton statut décide vraiment
Quatre choses :
- ce que tu risques sur tes biens personnels ;
- ce que tu paies en cotisations sociales ;
- ta protection sociale (maladie, retraite, accident) ;
- la façon dont tu es imposé·e.
Avant de comparer, note la nature de ton activité : vente de marchandises, prestation de services commerciale ou artisanale, ou activité libérale. Elle change ton taux de cotisations et ton plafond en micro-entreprise.
Les options, en bref
La micro-entreprise
Ce n'est pas une forme juridique à part : c'est une entreprise individuelle avec un régime simplifié. Tes cotisations sont un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé. Taux 2026 (hors contribution à la formation professionnelle, qui s'ajoute) :
- 12,3 % pour la vente de marchandises ;
- 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales ;
- 25,6 % pour les professions libérales non réglementées (23,2 % pour celles qui relèvent de la Cipav).
Le chiffre d'affaires est plafonné : 203 100 € HT par an pour la vente, 83 600 € HT pour les services et le libéral. Tu ne sors du régime qu'après deux années consécutives de dépassement.
Le point à retenir : tes charges ne sont pas déduites. Si tu achètes beaucoup (stock, matériel, local), tu paies des cotisations sur de l'argent déjà dépensé.
L'entreprise individuelle (EI) au réel
Toujours une entreprise individuelle, mais sans le régime micro. Tes cotisations et ton impôt se calculent sur ton bénéfice (chiffre d'affaires moins charges). Pas de plafond de chiffre d'affaires, mais une comptabilité plus complète.
L'EURL et la SASU
Ce sont des sociétés avec un seul associé. Il faut des statuts, un dépôt du capital, une annonce légale et une immatriculation. La grande différence est sociale :
- en EURL, le gérant associé unique est indépendant (TNS) : cotisations plus basses, protection plus légère ;
- en SASU, le président est assimilé salarié : protection proche de celle d'un salarié, mais cotisations plus élevées. S'il ne se rémunère pas, il ne cotise pas sur une rémunération qu'il ne touche pas.
En SASU, la moitié au moins des apports en argent est versée à la création. La SASU relève par défaut de l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions), 25 % au-delà.
Le tableau pour comparer
| Critère | Micro-entreprise | EI au réel | EURL | SASU |
|---|---|---|---|---|
| Cotisations calculées sur | Le chiffre d'affaires | Le bénéfice | La rémunération et une partie des dividendes | La rémunération |
| Régime social | Indépendant | Indépendant | Indépendant | Assimilé salarié |
| Charges déduites | Non | Oui | Oui | Oui |
| Plafond de chiffre d'affaires | Oui | Non | Non | Non |
| Création | Déclaration en ligne, gratuite | Déclaration en ligne | Statuts, capital, annonce légale | Statuts, capital, annonce légale |
| Accueillir un associé | Impossible | Impossible | Possible (devient SARL) | Possible (devient SAS) |
Trois idées reçues à corriger
« En SASU, j'ai droit au chômage. » Non. Le président est assimilé salarié pour la maladie et la retraite, mais pas pour l'assurance chômage. Le micro-entrepreneur non plus. Tes droits acquis avant la création (maintien de l'allocation, ARCE) sont un autre sujet, à voir avec ton conseiller France Travail avant de créer.
« La TVA dépend du statut. » Non. Elle dépend de ton chiffre d'affaires et de ton activité. La franchise en base de TVA existe en micro comme en société. En 2026, les seuils sont de 85 000 € pour le commerce et l'hébergement (seuil majoré 93 500 €) et de 37 500 € pour les services (seuil majoré 41 250 €).
« Le versement libératoire, c'est toujours mieux. » Pas forcément. En micro, tu peux payer ton impôt sur le revenu avec tes cotisations : 1 % du chiffre d'affaires pour la vente, 1,7 % pour les services commerciaux ou artisanaux, 2,2 % pour le libéral. C'est une option réservée aux foyers sous un plafond de revenu. impots.gouv.fr le dit lui-même : ce n'est pas toujours avantageux, surtout si ton foyer est peu ou pas imposable. Simule avec et sans.
Comment préparer ton choix
1. Fais tes chiffres d'abord
Sans chiffre d'affaires et charges prévus, tu compares des impressions. Si tu n'as pas encore ton prévisionnel, reprends les étapes dans l'ordre avec Créer son entreprise en 2026 : les étapes dans le bon ordre.
2. Simule deux statuts avec les mêmes chiffres
Les simulateurs gratuits de l'URSSAF (mon-entreprise.urssaf.fr) te donnent cotisations et revenu net. Saisis le même chiffre d'affaires et les mêmes charges dans les deux, sinon la comparaison ne veut rien dire.
3. Prépare ton rendez-vous avec l'expert-comptable
Apporte :
- ton chiffre d'affaires et tes charges prévus sur 3 ans ;
- tes dépenses de démarrage ;
- la rémunération que tu veux te verser, et à partir de quand ;
- tes deux simulations ;
- ton dernier avis d'imposition et, si tu es indemnisé·e, ton attestation France Travail.
Et tes questions : quel revenu net dans chaque statut, quel effet sur mes droits au chômage, ma protection sociale est-elle suffisante, combien coûte la gestion chaque année, quand devrai-je changer de statut ?
4. Écris quand tu reconsidéreras ce choix
On peut changer de statut. Beaucoup de créateurs commencent en micro et passent en société quand le chiffre d'affaires ou les charges augmentent. Note dès maintenant ce qui te fera changer : un seuil de chiffre d'affaires, un associé, une embauche.
En résumé
- Il n'y a pas de meilleur statut, il y a celui qui colle à tes chiffres et à ta situation.
- Micro : simple et gratuite à créer, cotisations sur le chiffre d'affaires, charges non déduites, chiffre d'affaires plafonné.
- EURL : indépendant, cotisations plus basses. SASU : assimilé salarié, mieux protégé, cotisations plus élevées.
- Aucun de ces statuts ne donne droit à l'assurance chômage en tant que dirigeant.
- La TVA ne dépend pas du statut.
- Simule deux statuts avec les mêmes chiffres, puis choisis avec ton expert-comptable.
Tu ne sais pas encore quels chiffres apporter à ce rendez-vous ? L'audit gratuit fait le point sur ton projet et te dit ce qu'il te manque avant de choisir.
Sources
- Service Public Entreprendre, taux de cotisations du micro-social : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37353 (consulté le 26/10/2026)
- Service Public Entreprendre, plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32353 (consulté le 26/10/2026)
- Service Public Entreprendre, franchise en base de TVA : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F21746 (consulté le 26/10/2026)
- Service Public Entreprendre, SASU : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37383 (consulté le 26/10/2026)
- Service Public Entreprendre, impôt sur les sociétés : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23575 (consulté le 26/10/2026)
- impots.gouv.fr, « En tant que micro-entrepreneur, ai-je toujours intérêt à opter pour le versement libératoire ? » : https://www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/en-tant-que-micro-entrepreneur-ai-je-toujours-interet-opter-pour-le (consulté le 26/10/2026)